25 Nov 2025

Une protection solaire en novembre... Vraiment ?

On dit souvent qu’il faut continuer à se protéger même en hiver, pourtant le soleil semble se cacher pour de bon. Alors, qu'en est-il ? Est-ce simplement un argument marketing ? Et bien oui… même en novembre, la peau reste exposée à une quantité importante de rayonnement qui accélère le vieillissement cutané.
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Les UVA ne disparaissent pas avec le froid

Même en plein automne, environ 95 % du rayonnement UV qui atteint la peau est composé d’UVA. Contrairement aux UVB, très saisonniers, les UVA restent relativement constants toute l’année, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (2016).

Ces rayons ne brûlent pas, mais ils pénètrent profondément dans le derme et accélèrent la perte de fermeté, l’apparition de rides et de taches.

Quelle la différence entre UVA et UVB ?

UVA et UVB sont deux types de rayons ultraviolets, mais ils n’agissent pas de la même façon sur la peau.

UVAUVB
Représentent environ 95 % des UV qui atteignent la peau.Plus énergétiques, mais plus facilement arrêtés par les nuages.
Pénètrent profondément dans le derme.Agissent surtout en surface de la peau.
Responsables du vieillissement cutané : perte de fermeté, rides, taches.Responsables des coups de soleil.
Traversent les nuages et le verre.Varient fortement selon la saison et l’heure.
Présents toute l’année, même en hiver.Peuvent endommager l’ADN et participer au risque de cancer cutané.

Le soleil d’hiver passe partout : nuages, brouillard, fenêtres

Jusqu’à 80 % des UVA traversent les nuages, ce qui explique pourquoi une journée grise reste une journée d’exposition. La plupart des vitrages laissent aussi passer les UVA. Autrement dit, même près d’une fenêtre, la peau reçoit un flux non négligeable. 

Le brouillard n’offre pas non plus une réelle protection : les micro-gouttelettes diffusent la lumière, mais ne filtrent pas efficacement les longueurs d’onde UVA. Au final, l’intensité perçue comme “faible” par nos yeux n’a rien à voir avec la quantité de rayonnement reçue par la peau.

Les vitrages ajoutent une autre idée reçue

Beaucoup pensent que rester en intérieur protège automatiquement du soleil. En réalité, la majorité des vitres standards bloquent les UVB mais laissent passer les UVA, parfois dans des proportions importantes. Cela signifie qu’une peau exposée près d’une grande fenêtre, en voiture ou dans un bureau lumineux continue de recevoir une dose quotidienne de rayonnement.

Autrement dit, même quand le soleil semble absent et que la lumière paraît douce, la peau reste exposée à une partie du spectre UV capable d’accélérer le vieillissement cutané. C’est cette exposition “silencieuse”, cumulée jour après jour en hiver, qui justifie une protection régulière.

Une peau plus fragile rend les UVA plus nocifs

En novembre, la barrière cutanée s’affaiblit. Une barrière fragilisée résiste moins au stress oxydatif induit par les UVA.

Une étude publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology (2023) souligne que les fluctuations de température et d’humidité réduisent la cohésion du stratum corneum (la toute première couche de l’épiderme) et augmentent la perte insensible en eau, signe d’un affaiblissement de la barrière cutanée. Un autre travail, publié dans Progress in Lipid Research (2023), confirme que dès que ces lipides deviennent moins structurés ou moins abondants, la fonction protectrice de la peau diminue nettement.

Cette fragilité a une conséquence directe

La peau résiste moins bien au stress oxydatif généré par les UVA. Or, les UVA pénètrent profondément dans le derme et produisent des radicaux libres capables d’endommager les protéines structurales, les lipides et l’ADN. Lorsque la barrière est solide, elle joue un rôle d’amortisseur face à ces agressions. Quand elle est affaiblie, comme c’est souvent le cas en automne-hiver, l’impact des UVA devient plus important et accélère le vieillissement cutané, même à faible exposition.

En d’autres termes, une peau fragilisée n’est pas seulement plus sèche ou plus inconfortable : elle devient aussi plus sensible aux effets du soleil d’hiver et aux dommages invisibles qu’il peut provoquer.

Les UVA génèrent du stress oxydatif même à faible dose

Même si l’intensité est moindre qu’en été, les UVA continuent d’activer la production de radicaux libres (ROS), qui altèrent l’ADN, les lipides et les protéines structurales de la peau, selon Pfeifer & Besaratinia.

Ces micro-agressions quotidiennes s’additionnent et participent au photo-vieillissement.

Une protection légère en hiver réduit vraiment le vieillissement cutané

Il ne s’agit pas de sortir avec un SPF 50 tous les jours, mais de maintenir une protection UVA régulière, via une crème hydratante avec filtres intégrés par exemple.

Une étude menée sur 52 semaines montre qu’une photoprotection quotidienne, même modérée, réduit significativement les signes visibles du vieillissement. 

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